Le Corridor forestier… un couloir de vie!

C’est dans le but de contrer la fragmentation et la disparition d’habitats de plusieurs espèces fauniques et floristiques que Nature-Action Québec et la Fondation du Mont-Saint-Bruno ont entrepris, en 2005, le projet du Corridor forestier du Mont-Saint-Bruno. La disparition de couvert forestier, de milieux humides et de friches étant de plus en plus prononcée, l’équipe s’est penchée sur les solutions qui permettraient de protéger ces milieux naturels et d’éveiller la conscience des citoyens face à la diversité des milieux naturels et à la grande biodiversité s’y trouvant. Suite à de nombreuses années de partenariat, la Fondation du Mont-Saint-Bruno a décidé en 2012 de concentrer ses efforts de conservation seulement sur le Mont-Saint-Bruno et son bassin versant en raison des pressions de développement qui se font de plus en plus pressantes près de la montagne. Le projet du Corridor forestier se poursuit donc par de nombreuses actions sur l’ensemble du territoire avec l’équipe de Nature-Action Québec.

 

Qu'est-ce qu'un corridor forestier?

Les milieux naturels (milieux humides, friches, boisés, etc.) répartis sur un territoire donné et reliés les uns aux autres permettent à la faune et à la flore de s’y déplacer pour satisfaire leurs besoins vitaux. L’ensemble de ces habitats forme un couloir, d’où l’appellation de corridor forestier. Afin de permettre aux espèces de combler leurs besoins vitaux, le corridor forestier doit avoir une largeur minimale variant en fonction de l’espèce. Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada recommande que la largeur minimale optimale d’un corridor forestier soit établie à 900 mètres afin de répondre aux exigences vitales de la majorité des espèces. De plus, pour que la faune puisse en tirer le meilleur profit, un corridor forestier ne devrait pas être interrompu sur une distance de plus de 200 mètres.

 

De précieux services

La préservation d’un corridor forestier et des milieux naturels qui le constituent entraîne de nombreux bénéfices écologiques, économiques et sociaux. Ces écosystèmes assurent aux espèces des aires de reproduction, d’alimentation, de repos et d’abri. En plus de permettre des échanges génétiques entre les populations, le corridor forestier permet aux espèces de recoloniser des endroits d’où elles avaient disparu, à la suite d’une perturbation. Les corridors forestiers offrent aussi l’avantage, en zone agricole, de faire office de brise-vent tout en conservant l’eau au niveau du sol (rétention). Grâce à leurs racines, les arbres, les arbustes et les plantes aident à prévenir l’érosion des sols. Enfin, il ne faut pas oublier l’importance des milieux humides. Ceux-ci absorbent l’eau (crue, pluie, fonte des neiges, etc.) et la libèrent graduellement, réduisant les impacts des inondations.

 

Un corridor forestier reconnu et étudié!

Le Corridor forestier du Mont Saint-Bruno, en partie ou en totalité, est reconnu dans divers ouvrages municipaux, régionaux et autres pour son importance écologique et paysagère. Notamment:

Le Corridor forestier regroupe ainsi plusieurs « habitats essentiels » reconnus par le gouvernement fédéral pour des espèces menacées, telles que la rainette faux-grillon de l'Ouest et le petit blongios. Un habitat essentiel est nécessaire à la survie ou au rétablissement d'espèces sauvages. Il peut s'agir d'une aire de reproduction, de repos ou d'alimentation. Pour les espèces en situation précaire, cet habitat est d'une importance capitale et doit être inclus dans les stratégies de rétablissement et les plans d'action lorsque possible. Pour en savoir plus sur les habitats quatiques essentiels, cliquez ici.

Plusieurs secteurs naturels du Corridor sont aussi appréciés et reconnus par les citoyens et les municipalités, entre autres:

  • le mont Saint-Bruno, une montérégienne reconnue pour sa grande biodiversité, reçoit annuellement près de 900 000 visiteurs qui viennent profiter du contact avec la nature;

  • le bois du Fer-à-Cheval, un massif forestier apprécié et utilisé par des propriétaires privés pour se ressourcer et pour réaliser des activités acéricoles;

  • le bois de Brossard/La Prairie, dont l'importance a été reconnue par la Ville de Brossard qui a décidé de prendre action: 519 hectares ont été protégés par la Ville de Brossard et Nature-Action Québec (230 ha se trouvant protégés par une réserve naturelle).

 

Sources :

  • Communauté métropolitaine de Montréal. 2013. Identification ert protection des bois et des corridors forestiers métropolitains. 38 p.(http://cmm.qc.ca/fileadmin/user_upload/documents/fascicule_boisCorridors_web.pdf)
  • Duchesne, S, Bélanger, L, Grenier, M. et F. Hone. 1999. Guide de conservation des corridors forestiers en milieu agricole. Service canadien de la faune. Environnement Canada. 60 p.
  • Savoie, C., Brière, D. et P. Caron. 2002. Le phénomène de déboisement — Évaluation par télédétection entre le début des années 1990 et 1999, région Montérégie. Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, 25 p.
  • Site Internet d’Environnement Canada : http://www.qc.ec.gc.ca/faune/ (consulté en janvier 2006)